Tous les guides

Bidons et aérodynamisme

Où et comment placer ses bidons sur un vélo de triathlon pour limiter la pénalité aérodynamique — les chiffres, et les cas où l'on peut même gagner des watts.

S'hydrater est indispensable, mais chaque bidon a un coût aérodynamique — plus ou moins élevé selon l'endroit et la façon dont on le place. L'objectif : garder une hydratation efficace tout en limitant la traînée, voire en la réduisant.

Les positions possibles

Sur un vélo de triathlon, on trouve principalement quatre emplacements :

  • Sur le devant du cadre
  • Sur le cadre, en dessous de la selle
  • Derrière la selle
  • Entre les prolongateurs (entre les bras, BTA)

Ce qui fait varier le gain ou la perte

L'impact d'un bidon ne dépend pas que de sa position. Il varie aussi selon :

  • La taille du bidon (500 vs 750 vs 900 ml)
  • Le type de bidon (aéro ou rond classique)
  • L'athlète et sa position
  • La vitesse de déplacement

Ce que disent les chiffres

D'après les tests d'AeroCoach, à puissance équivalente il faut fournir quelques watts de plus pour tenir la même vitesse selon la position :

Position Bidon à 40 km/h à 30 km/h
Sur le cadre (tube du bas) 900 ml classique +8,2 W +3,5 W
Sur le cadre (tube dessous de selle) 900 ml classique +5,7 W +2,4 W
Derrière la selle 900 ml classique +2,5 W env. +1,1 W env.
Entre les bras (BTA) 750 ml classique +1,8 W env. +0,8 W env.
Sur le cadre (sur le tube du bas) 40km/h 8.2 watts 30km/h 3.5 watts Sur le cadre (entre dessous de la selle) 40km/h 5.7 watts 30km/h 2.4 watts Derrière la selle 40km/h 2.5 watts 30km/h 1.1 watts Entre les bras 40km/h 1.8 watts 30km/h 0.8 watts

Sur le cadre : si on n'a pas d'autre choix, privilégier alors des bidons aéro plutôt que classiques.

Derrière la selle : le résultat dépend beaucoup du montage. Bien placés — dans le prolongement du corps, au plus près des fesses et à plat — certains tests montrent même une économie de watts. Attention toutefois : si on se place globalement sur l'avant de la selle, on peut créer un "trou" entre le corps et les bidons, donc des turbulences, et perdre le bénéfice (dans certains cas, incliner le(s) bidon(s) en les placant plus loin du corps peut alors avoir un avantage).

Entre les bras : certains tests (notamment Swiss Side) montrent qu'un bidon à cet endroit réduit aussi les turbulences en venant boucher le trou entre les bras de l'athlète, avec là encore une économie de watts possible.

→ Les grands gagnants : derrière la selle et entre les bras.

Rester dans les règles

Même si le triathlon ne dépend pas de l'UCI, des règles encadrent le matériel. Par exemple :

  • Maximum 2 L sur le cockpit
  • Pas plus de 2 bidons derrière la selle, et 1 L par bidon maximum

À vérifier sur le règlement Ironman, mais dans l'idée, sans setup exotique, il n'y a pas de souci. Le règlement officiel IRONMAN 2026 fait référence.

Ne pas négliger le côté pratique

Un montage aéro n'a d'intérêt que s'il reste viable. Des bidons impossibles (ou difficiles) à atteindre, qui obligent à sortir de la position aéro ou à moins s'hydrater, font perdre plus de temps qu'ils ne rapportent.

Et, comme toujours, tester avant la course pour bien s'habituer au montage.

À retenir

Le meilleur compromis se joue entre aéro et praticité : derrière la selle et entre les bras sont les positions les plus efficaces, les gros bidons classiques sur le cadre les moins bonnes. Mais le gain réel dépend du montage, de la position et de la vitesse — donc à tester soi-même.

Sources